Les derniers articles
Accueil » Photographies » Les dessous de Contrôle-Moi!
Controle Moi 2 By Roxane Photos D9s4dhk

Les dessous de Contrôle-Moi!

Controle Moi 5 By Roxane Photos D9s4eytIl y a quelques semaines, j’avais la joie de vous partager les coulisses du shooting photo Sanctificari Festum réalisé en collaboration avec Guillaume G. Lemaître, écrivain de talent.

Il y a quelques jours, To, musicien du groupe Dark and Bloody Grounds, m’a proposé ainsi qu’à mes modèles une interview pour découvrir comment nous étions parvenus à la série Contrôle-Moi!. Voici la retranscription de cet entretien à plusieurs voix!

To : Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous interviewer tous les quatre au sujet de la série photographique Contrôle-Moi!.

Ces dix clichés dans le sillage de Sanctificari Festum sont le fruit de votre quadruple collaboration:

  • Roxane, artiste photographe qui, par son œil, a donné vie à la série
  • Guillaume G. Lemaître, écrivain de talent, qui incarne ici le personnage que j’ai qualifié comme étant le mari infidèle
  • Patricia Moravac, qui joue la figure féminine dans cette série et également l’ange dans Sanctificari Festum
  • Nhetic DigitalWanderer qui incarne le perturbateur et qui nous régale de ses écrits depuis des années tout en ayant contribué au projet cross-média Oni Vs Cybèle

Pour commencer , je voudrais partager ce que j’ai vu dans cette œuvre avant que nous échangions.
Les thèmes principaux qui ressortent à mes yeux sont le désir charnel dans une relation homosexuelle, la folie meurtrière déclenchée par la découverte d’une trahison et plus largement des passions générées par des émotions fortes qui mènent à des réactions disproportionnées.

Le plus frappant est que tous ces thèmes s’inscrivent dans vos œuvres respectives, qu’elles soient photographiques ou littéraires.
Roxane a mis en scène la sensualité, parfois plurielle, qui est un des thèmes abordés ici. Dans ce que j’ai pu lire des écrits de Guillaume, ce dernier travaille sur la folie et le meurtre. Nhetic a beaucoup travaillé via ses écrits, mais également ses billets de blog sur les questions de sexualité et Patricia s’inscrit parfaitement dans cette collaboration à travers ses talents de comédienne et son intérêt pour le Théâtre de la mort de Tadeusz Kantor sur lequel je reviendrais plus loin.

D’ores et déjà, pouvez-vous m’en dire un peu plus sur la naissance de cette histoire et sur ce qui a guidé cet élan créatif ?

Roxane : Cela provient d’une discussion sur l’abus de pouvoir, de la mort et de la violence puisque le thème récurrent qui s’appelle Contrôle-Moi!. C’est qu’il y a une bonne raison. C’est sur cette notion d’hyper contrôle que l’on peut rencontrer soit parce que l’on devient à un moment dans sa vie bourreau, soit parce qu’on a été victime et vice et versa. Dans des duos, trios ou quatuors puisqu’on parle dans ce schéma de polygamie, de triolisme, acceptés ou non, ou subis ou non. Et qu’en fait il y a une distorsion de la réalité et du schéma mental. A la base ces séances photo sont sur un message à dire par rapport au moment où on est poussé à bout, mais dans notre notion de contrôle, et quand on est contrôlé, qui contrôle qui ?
De fait, je pense que les photos montrent qu’on ne saura jamais vraiment qui contrôle qui. Est-ce que c’est l’homme qui se joue de sa femme et qui lui en fait voir de toutes les couleurs, notamment avec cette photo clichée, très année 50, du mari et son épouse, avec ce coté pervers du contrôle qu’il peut avoir ? Est-ce que c’est elle par sa violence ? Est-ce que c’est c’est le perturbateur qui en fait les manipule et les pousse à bout ? On ne sait pas qui contrôle qui.
Et c était çà, la discussion. Elle a été abordée avec les vécus de chacun et ce rapport psychologique qu’on retrouve dans le meurtre, qu’on retrouve dans la passion, qu’on retrouve dans le couple et qu’on retrouve dans tous les travaux qui ont été faits à travers chacun d’entre nous, dans nos vies, dans nos choix artistiques. Il y a un point de ralliement qui se fait là.

Guillaume : A mes yeux, cela partait d’une idée assez simple. L’un des membres du couple se fait prendre avec la blague « Ciel, mon mari » inversée en « Ciel, ma femme ». Le bon père de famille des années 50 ramène un blouson noir à la maison pour faire des « cochoncetés » mais au fur et à mesure on se rend compte que c’est plus ambigu et c’était amusant de jouer avec ce cliché.

Roxane : Il y a cassage de cliché aussi en utilisant un homme. C’est un peu, belle robe des années 50, beau décorum, la représentation de « je suis propre sur moi », ma vie de couple elle est très jolie sur le papier… c’était casser aussi çà. C’était aussi une façon de parler de l’homosexualité ou de la bisexualité, notamment masculine, qui est un gros un tabou social qui est là, qui est existante, et qui n’est certainement pas facile à vivre au quotidien des gens qui peuvent être dans une situation de couple classique, emprisonné par ce modèle. Parce que quelque part ils ne sont pas dans une mouvance homosexuelle affirmée et ne sont pas non plus dans le côté hétérosexuel, confort dans cette vie-là, ils sont entre les deux. On entend très souvent le stéréotype de femme qui peuvent dire « si mon mec va ou me quitte pour une nana suis pas contente, mais si c est un mec je pète un câble ! », parce qu’il y a une idée de la déchéance de la masculinité, homme moins homme parce qu’il est avec un autre homme, etc.… c’est vraiment tous ces lieux communs là.

Nhetic : En effet, cela questionne notre définition de la virilité puisque l’on pense souvent qu’être homme c’est avant tout celui qui pénètre et non celui qui est pénétré dans un rapport sexuel. De fait, pour beaucoup, celui qui pénètre est masculin et celui qui est pénétré n’est plus un homme. Pour rebondir sur ce que dit Roxane, la bisexualité féminine est souvent source de fantasme tant masculin que féminin là où deux hommes ensemble peuvent générer tout l’inverse en termes de réactions. D’autant plus si ceux-ci sont bisexuels comme si le fait de n’être ni hétérosexuel, ni homosexuel créait un trouble dans la perception de la sexualité de l’homme.

To : Je voulais revenir sur vos performances respectives. Roxane, j’évoquais en préambule le Théâtre de la mort de Tadeusz Kantor. Dans sa réalisation, cet artiste était très contrôlant vis-à-vis de ses acteurs puisqu’il exerçait une emprise totale sur eux dans la direction de leur rôle pendant les représentations. De fait, je souhaitais savoir comment tu avais abordé cet aspect dans le shooting qui présente une relation très contrôlante entre les protagonistes interprétés par les trois modèles.

Roxane : Pour tout dire, j’ai laissé beaucoup parler les acteurs de la scène avant la séance. Que chacun exprime sa vision des choses par rapport au sujet. Il y avait des idées de départ qu’ils me fournissaient et je les encourageais à se laisser aller pour les accompagner de manière naturelle. Toujours dans ce principe que même si une photo au premier abord ça semble statique, ça ne l’est pas, parce que c’est un instant volé à un instant donné. Il faut un relâchement pour un mouvement naturel. Il y a des scènes où l’idée était là mais pour autant, il a fallu les refaire plusieurs fois, pas le bon geste, pas le bon ordre jusqu’à ce qu’on obtienne l’image voulue. Néanmoins, je ne pense pas avoir eu une direction contrôlante ou cloisonnante car je me sers de ce que les modèles ont envie d’exprimer. C’est une discussion tout compte fait, au départ c’est une mise en image de ce qui est développé et puis s’ils ont une idée, je les encourage à se lancer.

To : J’aurais une question pour Patricia : comment t’es-tu préparée à ce gros travail de composition étant donné ta formation en théâtre ?

Patricia : Roxane me montrait certains clichés au fur et à mesure afin que je me mette à l’aise sur le sujet, sur cette violence que j’ai et que j’intériorise. Il fallait trouver une justesse dans l’expression, le mouvement. J’étais trop rigide au départ et je perdais en naturel. La complicité qui s’est nouée avec les garçons m’a aidé à me détendre et m’a mené vers un meilleur lâcher-prise. Progressivement j’ai vu d’autres choses apparaître au fil du shooting. Bien que je me sois enfermée au début de la session dans cette thématique de la violence, j’ai pu participer à faire émerger d’autres thèmes bien visibles sur le résultat final.

Roxane : Une fois la scène de la hache qui s’abat sur le couple dans la boîte, Patricia est devenue plus naturelle et plus fluide dans son interprétation.

Patricia : Je pense que le tabou et la manière dont mon personnage s’y enfermait constituent une des thématiques de la session.

Roxane : Que penses-tu que les gens vont voir de ça ?

Patricia : J’espère qu’ils ne vont pas s’arrêter à la thématique de la violence conjugale car le rendu final est beaucoup plus riche. Même si ce travail émane de notre vécu, cela peut parler à beaucoup de personnes de par les thèmes multiples évoqués et remuer beaucoup de choses.

Roxane : C’est le but (rires de Roxane)

To : Je voulais demander à Guillaume : j’ai l’impression que dans la précédente interview, tu t’étais beaucoup amusé à jouer ce prêtre dévoyé dans Sanctificari Festum. Dans ce shooting, as-tu également pris autant de plaisir dans ce rôle de bourreau d’un autre genre ?

Guillaume : Dans Sanctificari Festum, il est certain que c’est un bourreau. Ici, c’est moins évident tout simplement parce qu’il peut aussi ne s’agir que d’un mari volage. Son rapport avec sa femme est ambigu. Ça peut être un jeu de rôle dans le couple. De fait, il était plaisant de jouer ce personnage au comportement trouble. A noter que bien que le résultat final soit très sérieux, l’ambiance sur le plateau était des plus détendues.

Roxane : Cette relation peut être également perçue comme celle d’un couple relativement libertin qui prend une tierce personne par jeu sans que l’on sache clairement qui veut faire du mal à qui. Nous nous sommes quelque part inspirés des Liaisons Dangereuses où on ne sait pas qui fait souffrir que ce soient les bourreaux présumés assumés ou l’innocent(e) qui ne l’est peut-être pas tant que ça. On ne sait plus qui veut faire du mal à l’autre. A un moment donné tu as envie d’être du côté de l’épouse, après du côté du mari, après tu ne sais plus…

To : Nhetic, ton rôle de tentateur est un peu particulier. Comment l’as-tu abordé ?

Patricia : Il y a un côté libérateur dans son rôle.

Nhetic : C’est de l’improvisation totale. Au départ, j’étais prêt à exhiber mes fesses pour donner dans le sulfureux. Ce qui n’a pas été suivi au final et je n’ai exhibé que mon dos et mon torse, ce qui n’est pas plus mal puisque le but n’était pas de choquer ou de faire du supposé pornographique.
Après, dans l’interprétation, je n’ai pas eu la sensation de préparer le rôle. Je me suis adapté en fluidité par rapport à ce que mes partenaires modèles et photographe sentaient et arrivaient à capter. Je ne pense pas que c’était un rôle de composition, mais plus une improvisation nourrie de mes expériences privées, personnelles et des lectures que j’ai pu avoir sur la bisexualité masculine et sa représentation. Il y avait quelque chose de cathartique dans le fait d’exprimer cet aspect de la bisexualité considérée comme sexualité de l’ombre. Deux femmes ensemble, c’est un fantasme commun, féminin comme masculin. Deux hommes bisexuels ensemble, c’est plus complexe en termes de réactions féminines comme masculines. Par ailleurs je trouvais un côté subversif d’intégrer l’épouse bafouée en inversant le cliché « Ciel, mon mari! » évoqué par Guillaume en le renversant par son contraire.

To : Merci à tous pour votre implication. Avez-vous d’autres choses à ajouter ?

Guillaume : En rapport avec ce que disait Nhetic sur la bisexualité masculine, une amie me disait qu’elle ne pourrait pas supporter l’idée de vivre une histoire avec un homme bisexuel parce que cela reste tabou.

Roxane : Je voulais rajouter un mot sur une thématique qui transparaît dans les photos de couple et dans les regards échangés entre l’homme et la femme. Ces derniers temps, l’on entend beaucoup parler de la notion de pervers narcissique et souvent à tort et à travers. La moindre contrariété peut se transformer en «  c’est un pervers narcissique ou c’est une perverse narcissique ». Les gens ne se rendent pas compte que c’est vraiment un calvaire de vivre avec ce type de pervers, ça peut aller très loin, jusqu’à ce type de violence. Ce qui était exprimé là, sur ces photos c’était aussi ça. A quel point, ce ou cette perverse narcissique va pousser l’autre à bout, jusqu’au bout. Va lui faire peur, le/la menacer, le/la contrôler en permanence jusqu’à le/la détruire de façon intime, dans le regard que cette personne a d’elle-même. Dans ce qu’elle est prête à accepter et à ne pas accepter, la victime ne sait plus.

Le duo du pervers narcissique et de son compagnon ou sa compagne est très particulier parce qu’il y a aussi des fois des doubles duos comme ça de contrôle. Et ce que je voulais exprimer c’est : « oui c’est moche ». Car il est fréquent dans ce type de relation de n’avoir qu’une version de l’histoire sans tous les aspects sous-jacents qui ont mené à cette situation. Quand on enlève la belle image extérieure du couple, et qu’on écoute au-delà du côté c’est lui ou elle qui est le « chieur » ou « la chieuse, » qu’on admet que ce n’est qu’une version, qu’un son de cloche de qui amène a cette situation de tension, et qui pose une fois de plus la question de qui contrôle qui.
On ne sait plus qui est dans le contrôle. D’où le nom de la série.

Il faut aller beaucoup plus loin dans la compréhension, donc faire très attention à l’emploi du terme pervers narcissique qui est souvent mal véhiculé par la presse féminine et autre et qui en parle à tort et à travers. C’est un vrai problème, encore plus répandu que les violences conjugales. C’est une violence psychologique, on n’a pas besoin d’avoir des bleus sur le visage pour être complètement détruit par l’autre. Et c’était aussi exprimer que l’on peut-être poussé à bout au point d’en venir à de véritables violences physiques exprimées par la victime en termes de mécanismes de défense. Le sujet est toujours à plusieurs dimensions. Il n y a pas une vérité, un point de vue, c’est un ensemble complexe.

Nhetic : J’aurais un mot à ajouter sur la notion de contrôle que l’on retrouve énormément dans les milieux dits libertins où la notion de libertinage impliquerait une liberté absolue dans les comportements sexuels. Cela étant, ce n’est pas tout à fait vrai en pratique puisque ce sont des milieux très contrôlants où l’on ne sait jamais qui contrôle qui. Il y a souvent cette image d’Épinal où l’homme est une sorte de pulsion sexuelle sur pattes qui traîne sa compagne dans des lieux de débauche. Mais on se rend compte qu’il y a souvent une notion de contrôle imbriquée entre l’homme et la femme du couple, qui s’imposent mutuellement des mécanismes de contrôle très discrets où chacun manipule l’autre dans l’idée de gagner du pouvoir dans l’espace formé par le couple libertin. Et ces comportements peuvent dévier vers de la perversion narcissique pour rebondir sur ce que disait Roxane. Le plus inquiétant est que l’entourage ne s’en rendra pas compte, au risque d’accabler la victime puisque le ou la pervers(e) narcissique, l’homme n’ayant pas l’apanage unique de ce type de comportement, va mettre en place des microagressions qui vont, petit à petit, saper la confiance en soi de la victime en n’ayant de cesse de changer ses repères. Par extension, ces réflexions ne portent pas seulement sur le couple mais aussi sur l’environnement du travail où de telles agressions peuvent être constatées sans que ce soit aisément détectable.
Cela fait réfléchir. Et pour rebondir sur Sanctificari Festum qui questionne sur ces actes que l’on sait destructeurs pour autrui, mais que l’on commet quand même, c’est le principe identique dans Contrôle-Moi!. Des personnes vont se sacrifier dans le couple, en pensant bien faire et c’est là que réside la difficulté à distinguer le bourreau de la victime qui se confondent dans une relation très contrôlante où chacun fait mal à l’autre à tour de rôle.

Roxane : Même s’il n’y a que dix photos, c’est à mon sens la somme d’un travail intellectuel tant par le talent de Patricia au niveau théâtral a fait des choix thématiques où il y avait quinze mille strates de compréhension. Ou encore Guillaume, qui a un travail complexe, avec un vrai fond et qui use parfois de clichés à l’extrême pour inciter à la réflexion. Ou finalement de Nhetic qui a beaucoup écrit sur des sujets engagés notamment liés à la sexualité, la liberté de la femme, et le polyamour et autre. Même avec une série aussi courte, ces sujets sont complexes, c’est très concentré, il y a énormément de choses à dire en peu d’image : une image vaut mille mots. Contrôle-Moi! est aussi dans une thématique potentiellement BDSM et sensuelle qui m’a incité à présenter deux des photos de la série dans un concours de photos érotique, « Sexy, Mais…« . Avec entre autres le challenge de la bisexualité peut-on trouver ça sexy ou pas ? L’ambiguïté du contrôle avec un retour d’un thème BDSM.
Ce qui serait intéressant à terme si les photos sont exposées, ce serait d’interroger les visiteurs sur ce qu’ils voient et projettent à travers ces mises en scène.

To : Merci pour ces échanges à tous les quatre.

Controle Moi 10 By Roxane Photos D9s4de2
J’espère que ces échanges vous auront apporté des éléments complémentaires de compréhension sur Contrôle-Moi! et, si mon travail vous plaît, vous pouvez découvrir d’autres séries sur ma page Facebook ou sur DeviantArt!
Merci à To pour avoir mené cette interview et à AlexBlog pour son accueil sur son blog.

A propos Roxane Soussiel

La photographie c'est une passion de plus de 20 ans, au travers de portraits, de scènes imaginées. La fantasmagorie, du cauchemar à la fiction, de l'angoisse au cathartique, il y a une multitude de visions du monde.

Regardez également

jean-charles-rey-photographe

Présentation de Jean Charles Rey Photographe

Jean Charles Rey : l’expérience fait la différence Avec plus de 25 ans dans la photo, …

photographie-ocean-Chip-Phillips (28)

Photographies d’océan par Chip Phillips

Un peu de douceur et de liberté pour finir l’année avec ces très belles photographies …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

:wink: :wacky: :vampire: :tongue: :sweating: :speechless: :smile: :sick: :shy: :santa: :sad: :punk: :pirate: :party: :ninja: :nerd: :milionaire: :love: :laugh: :kiss: :karate: :indian: :grin: :frozen: :emo: :dobtful: :devil: :cry: :cry :cool: :clown: :bored: :beaten: :angry: :angel: :amazed:

Les dessous de Contrôle-Moi!

2